JALOUSIE


JALOUSIE
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JALOUSIE

Sémantiquement et psychologiquement, la jalousie est inséparable du désir. Bossuet prête au mot le sens de «passion sans partage» lorsqu’il écrit: «Combien de Romains furent jaloux de la liberté.» C’est le «zèle extrême» qu’atteste, à l’origine, le provençal gelos , fréquent dans la poésie des troubadours, entre les années 1135 et 1150. L’influence du coq ou jal aurait, selon Grzywacz, déterminé la forme française.

Pour Joyce McDougal, la jalousie sous-entend l’existence d’un sentiment amoureux. Il semble cependant nécessaire d’inclure à la composante fondamentale une double disposition qui, dans son essence, n’offre rien de commun avec les élans du cœur. La volonté d’appropriation et l’esprit de concurrence viennent se greffer en somme sur une passion initialement vouée à combler les vœux de bonheur de deux êtres sous le charme d’un attrait réciproque. La Rochefoucauld l’a bien perçu, qui constate: «La jalousie est en quelque sorte juste et raisonnable puisqu’elle ne tend qu’à conserver un bien qui nous appartient; au lieu que l’envie est une furieuse qui ne peut souffrir le bien des autres.» Et d’Alembert: «On est jaloux de ce qu’on possède et envieux de ce que possèdent les autres.»

Si l’angoisse rôde dans le sillage de la jalousie, n’est-ce pas pour la raison que toute appropriation suppose l’expropriation de l’autre et la menace d’être, par un revers de fortune, exclu à son tour de ses droits? «L’amoureux jaloux de sa maîtresse, dit Daniel Lagache dans son étude sur La Jalousie amoureuse , envie les succès réels ou fictifs de son rival.»

La jalousie est ancrée dans la peur de perdre non le sujet aimé mais l’objet possédé, avec lequel il se confond. Ainsi oblitéré par un titre de propriété, le partenaire ne laisse pas de subir l’effet d’une agressivité qui, d’une part, le réduit à l’état d’une chose dont on dispose et, d’autre part, le transforme en enjeu d’une compétition où il s’agit d’être sans trêve sur pied de guerre pour défendre son bien.

A-t-on affaire ici à un sentiment inné ou à un phénomène culturel? Ralph Linton tient pour la première hypothèse. Il en veut pour preuve que, aux îles Marquises, où règne la liberté sexuelle, les individus manifestent, en état d’ivresse, des réactions de jalousie. Mais n’est-ce pas là confondre licence sexuelle et sécurité affective, tout en sous-estimant de surcroît l’importance, en l’occurrence, de la vanité, de la volonté de puissance? Si Othello succombe à l’emprise du monstre que Baudelaire décrit «tout gonflé de haine et de crachat», c’est qu’il se sent menacé dans son prestige, ridiculisé dans l’exercice de son pouvoir.

L’idéologie biologiste ne s’est pas privée d’établir une relation entre la jalousie et les manifestations agressives d’appropriation, telles qu’elles s’observent chez certains animaux. On sait, depuis le fascisme, ce qu’il faut penser des systèmes qui réduisent la spécificité humaine à une animalité socialisée et assimilent la communauté des hommes à une jungle où sévit la loi du plus fort.

D’autres, avec Otto Klineberg, estiment que la jalousie est d’origine culturelle. Pour eux, l’adultère ne secrète la jalousie que s’il menace la sécurité matérielle, la garantie affective ou le prestige. Freud s’est penché plus précisément sur la jalousie pathologique où, sans raisons objectives, le patient se sent abandonné et bafoué. Il la rattache au complexe d’Œdipe, soulignant ses liens avec les composantes paranoïdes et le souci de se défendre contre l’homosexualité. Le jaloux poursuit alors le partenaire aimé de sa haine. Il se comporte en sado-masochiste épinglant minutieusement, comme le narrateur du roman de Robbe-Grillet, La Jalousie , les preuves d’une infortune dont il se délecte avec la froide passion de l’autodestruction. Dans son étude intitulée De quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l’homosexualité (1922), Freud a décrit, en réalité, trois espèces de jalousie: la première, normale ou banale, est une forme atténuée des deux autres; la deuxième est essentiellement une projection, sur le partenaire, de l’infidélité propre du jaloux; la troisième, délirante, provient d’une homosexualité refoulée. Freud l’avait étudiée dans son analyse du cas du président Schreber (1911), où il proposait une combinatoire des renversements d’énoncés qui conduisent au délire de jalousie sur la base d’un refoulement de l’homosexualité. Chez l’homme, l’énoncé à refouler est le suivant: «Moi, homme, j’aime un homme», et il peut se retourner de trois façons: «Je ne l’aime pas, je le hais» (= persécution); «Ce n’est pas lui que j’aime, c’est elle, et elle m’aime»(= érotomanie); «Ce n’est pas moi qui aime l’homme, c’est elle» (= jalousie délirante). Chez la femme, la même combinatoire s’échafaude à partir de l’énoncé suivant: «Ce n’est pas moi qui aime les femmes, c’est lui». Notons encore que, pour sa part, Melanie Klein a analysé la jalousie du petit enfant, dans laquelle elle voit un phénomène lié à l’envie et à la privation du sein maternel, ce qui suscite une tendance sadique à détériorer l’objet perdu.

Peut-être est-il bon de rappeler que le passage de l’amour à la jalousie, pathologique ou non, bénéficie des encouragements que lui prodigue implicitement une société essentiellement patriarcale. Le phénomène apparaît d’autant mieux qu’une telle société est aujourd’hui exposée aux feux de la contestation. La défense de la propriété et le devoir d’en exercer les prérogatives ont longtemps fait partie du comportement dit normal. L’apprentissage de la jalousie s’inscrit dans l’initiation de l’enfant à ses responsabilités d’adulte, à la nécessité de se battre pour se tailler un territoire et le gérer, à l’encontre de ceux qui méditeraient de l’en déloger. Ce qui est en jeu ici n’est pas la plénitude d’une relation amoureuse mais un ensemble de réflexes, conditionnés par une économie de marché, avec ses mécanismes d’appropriation et de luttes concurrentielles.

L’attention accordée à l’enfance ne tient plus pour négligeable l’usage de subordonner les sentiments amoureux à des raisons mercantiles. Alors que la mentalité moderne exclut de plus en plus les mariages dictés par les alliances de fortune et de pouvoir, l’enfant vit encore dans l’angoisse de n’être plus aimé s’il n’obéit pas aux injonctions parentales. Or, dès l’instant que l’amour fait l’objet d’un chantage affectif au lieu d’être offert sans réserve, dans une absolue priorité, l’enfant ressent comme un rival et un usurpateur en puissance quiconque partage avec lui la sollicitude et les soins de la mère. À l’agressivité née de la peur se mêlent la hantise de la frustration et la culpabilité. Si bien que le manque affectif n’en finit pas de se perpétuer dans l’âge adulte, suscitant en chaque aventure amoureuse l’angoisse d’être délaissé et son pitoyable exorcisme, la rage d’assujettir à sa loi un partenaire inéluctablement suspecté de trahison.

jalousie [ ʒaluzi ] n. f.
XIIe; de jaloux
I
1Vx Attachement vif et ombrageux.
2Mod. Sentiment hostile qu'on éprouve en voyant un autre jouir d'un avantage qu'on ne possède pas ou qu'on désirerait posséder exclusivement; inquiétude qu'inspire la crainte de partager cet avantage ou de le perdre au profit d'autrui. dépit, envie, ombrage. Jalousie entre frères et sœurs, entre collègues. Éprouver de la jalousie, crever de jalousie. « La jalousie des personnes supérieures devient émulation [...] ; celle des petits esprits devient de la haine » (Balzac). Jalousie mesquine. Exciter la jalousie.
3Sentiment douloureux que font naître, chez la personne qui l'éprouve, les exigences d'un amour inquiet, le désir de possession exclusive de la personne aimée, la crainte, le soupçon ou la certitude de son infidélité. Les chagrins, les tortures de la jalousie. Il est d'une jalousie maladive. « la jalousie mortelle qui me déchirait le cœur » (abbé Prévost). Accès, crise, scène de jalousie. La jalousie de son mari. « Les femmes fières dissimulent leur jalousie par orgueil » (Stendhal). « L'amour, sans la jalousie, n'est pas l'amour » (Léautaud).
II(1549; it. gelosia) Vx Treillis de bois ou de métal au travers duquel on peut voir sans être vu. Mod. Volet mobile composé de lames orientables. contrevent, persienne, store. Baisser, lever une jalousie. ⊗ CONTR. Indifférence.

jalousie nom féminin (de jaloux) Littéraire. Vif attachement à quelque chose : Garder un secret avec une extrême jalousie. Sentiment fondé sur le désir de posséder la personne aimée et sur la crainte de la perdre au profit d'un rival : Être torturé par la jalousie. Dépit envieux ressenti à la vue des avantages d'autrui. ● jalousie (citations) nom féminin (de jaloux) Honoré de Balzac Tours 1799-Paris 1850 Les âmes fortes ne sont ni jalouses ni craintives : la jalousie est un doute, la crainte est une petitesse. Le Contrat de mariage Charles Baudelaire Paris 1821-Paris 1867 La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse […]. Les Fleurs du Mal, la Servante au grand cœur Jean de La Bruyère Paris 1645-Versailles 1696 On tire ce bien de la perfidie des femmes, qu'elle guérit de la jalousie. Les Caractères, Des femmes Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette Paris 1634-Paris 1693 On ne peut exprimer le trouble qu'apporta la jalousie dans un cœur où l'amour ne s'était pas encore déclaré. Zaïde François, duc de La Rochefoucauld Paris 1613-Paris 1680 Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'amour. Maximes François, duc de La Rochefoucauld Paris 1613-Paris 1680 La jalousie est le plus grand de tous les maux, et celui qui fait le moins de pitié aux personnes qui le causent. Maximes François, duc de La Rochefoucauld Paris 1613-Paris 1680 La jalousie naît toujours avec l'amour ; mais elle ne meurt pas toujours avec lui. Maximes Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux Paris 1688-Paris 1763 Fiez-vous aux personnes jalouses du soin de vous connaître. La Vie de Marianne Michel Eyquem de Montaigne château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1592 L'avaricieux a plus mauvais compte de sa passion que n'a le pauvre, et le jaloux que le cocu. Et il y a moins de mal souvent à perdre sa vigne qu'à la plaider. Essais, II, 17 Marcel Proust Paris 1871-Paris 1922 C'est étonnant comme la jalousie, qui passe son temps à faire des petites suppositions dans le faux, a peu d'imagination quand il s'agit de découvrir le vrai. À la recherche du temps perdu, la Fugitive Gallimard Marcel Proust Paris 1871-Paris 1922 […] Il n'est de jalousie que de soi-même. À la recherche du temps perdu, la Prisonnière Gallimard Honorat de Bueil, seigneur de Racan Aubigné, aujourd'hui Aubigné-Racan, 1589-Paris 1670 Académie française, 1634 Les destins sont jaloux de nos prospérités, Et laissent plus durer les chardons que les roses. Sonnet, À Mgr le duc de Guise Ernest Renan Tréguier 1823-Paris 1892 L'égoïsme, source du socialisme, la jalousie, source de la démocratie, ne feront jamais qu'une société faible, incapable de résister à de puissants voisins. La Réforme intellectuelle et morale de la France, I Lévy Isaac Félix, dit André Suarès Marseille 1868-Saint-Maur-des-Fossés 1948 Les femmes sont jalouses de tout, et même du malheur. Variables Émile-Paul Lucien de Samosate Samosate, Syrie, vers 125-vers 192 Celui qui n'est pas jaloux, qui ne se met pas en colère, ne donne pas de gifles, n'arrache pas de cheveux et ne déchire pas de robes, est-il encore un amoureux ? Dialogues des courtisanes, VIII, 1 Ivan Alekseïevitch Bounine Voronej 1870-Paris 1953 La jalousie, c'est un manque d'estime pour la personne qu'on aime. Le Sacrement de l'amour, II William Shakespeare Stratford on Avon, Warwickshire, 1564-Stratford on Avon, Warwickshire, 1616 Oh ! attention, monseigneur, à la jalousie ; c'est le monstre aux yeux verts qui tourmente la proie dont il se nourrit. O, beware, my lord, of jealousy ; It is the green-eyed monster, which doth mock The meat it feeds on. Othello, III, 3, Iagojalousie (difficultés) nom féminin (de jaloux) Construction Jalousie à l’égard de qqn, envers qqn :sa jalousie à mon égard n’a fait qu’empirer ; elle éprouve à l’égard de sa sœur une certaine jalousie. - Jalousie entre :« Étonnez-vous après qu’il existe une jalousie entre la garde et le sergent d’active »(J. Anouilh). ● jalousie (expressions) nom féminin (de jaloux) Délire de jalousie, conviction délirante d'être trompé par son conjoint ou son compagnon. ● jalousie (synonymes) nom féminin (de jaloux) Sentiment fondé sur le désir de posséder la personne aimée...
Synonymes :
- rivalité
jalousie nom féminin (italien gelosia, de geloso, jaloux) Vieux. Treillis, en bois ou en métal, au travers duquel on pouvait voir sans être vu. Dispositif de fermeture de fenêtre composé de lamelles mobiles, soit verticales, soit horizontales (store à lames, store vénitien).

jalousie
n. f.
rI./r
d1./d Sentiment de dépit mêlé d'envie, dû à ce qu'un autre obtient ou possède ce que l'on aurait voulu obtenir ou posséder. Quiconque réussit suscite la jalousie des médiocres.
d2./d Disposition ombrageuse de celui qui voue un amour possessif et exclusif à quelqu'un et le soupçonne d'infidélité. La jalousie d'Othello.
rII./r TECH Treillis en bois ou en métal au travers duquel on peut voir sans être vu.
Persienne constituée de lamelles parallèles orientables.

I.
⇒JALOUSIE1, subst. fém.
A. — Littér. Attachement vif et inquiet (pour ce qui tient à cœur). Il avait chez lui un tour, où il s'amusait à tourner des ronds de serviette dont il encombrait sa maison, avec la jalousie d'un artiste et l'égoïsme d'un bourgeois (FLAUB., Mme Bovary, t. 1, 1857, p. 86) :
1. [La rive espagnole] est triste et dépouillée, de sable ou de roche nue, faite seulement pour ceux qui aiment la mer avec jalousie et constance, pour elle-même.
T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1933, p. 64.
B. — 1. Amour, amitié très exclusif qui prend ombrage de tout attachement de l'autre à un nouvel objet et de ses attachements anciens. Elle souffrait surtout d'une jalousie inapaisable contre cette femme inconnue qui lui avait ravi son fils (MAUPASS., Une vie, 1883, p. 241). La jeune fille redoutait surtout la jalousie maternelle de Thérèse : « La petite me connaît bien mieux que sa mère (...) » Anne avait tort d'être gênée. Thérèse, à ce moment de sa vie, se sentait détachée de sa fille (MAURIAC, Th. Desqueyroux, 1927, p. 236) :
2. J'aimais Sophie et j'en étais doublement jalouse : jalouse parce qu'elle me préférait Isabelle, jalouse parce que Isabelle me la préférait. J'eus quelques jours de grand chagrin. Mais la jalousie en amitié n'est point mon mal, je la méprise et m'en défends assez bien.
SAND, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 156.
PSYCHOL. Désir de possession exclusive de l'autre. Vers trois ans, survient la « crise de personnalité » (...). La personnalité crève brusquement sa chrysalide : la jalousie, qui a fait son apparition vers le neuvième mois, s'exacerbe; l'enfant s'accroche à sa mère : c'est le plein moment du complexe d'Œdipe (MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 540).
2. En partic. [Dans la relation amoureuse] Irritation et chagrin éprouvés par crainte ou certitude de l'infidélité de l'être aimé. J'aimais encore, sage lecteur; j'étais dans l'égarement, dans la jalousie, dans la douleur de l'infidélité, de l'abandon (RESTIF DE LA BRET., M. Nicolas, 1796, p. 157). Je me rendais compte que l'absence, tout en favorisant comme je le savais déjà, la cristallisation de l'amour, endort pour un temps la jalousie (MAUROIS, Climats, 1928, p. 83) :
3. ... ma vie a été rongée par une passion mauvaise : la jalousie. Jamais je n'ai tenu une femme aimée dans mes bras, sans voir se dresser entre elle et moi le spectre de ceux qui l'avaient possédée, et lorsque la pauvre créature fermait les yeux, je me disais : c'est pour ne pas me voir et se souvenir à son aise de ceux qu'elle a aimés autrefois.
DU CAMP, Mém. suic., 1853, p. 299.
4. Mais aussitôt sa jalousie, comme si elle était l'ombre de son amour, se complétait du double de ce nouveau sourire qu'elle lui avait adressé le soir même — et qui, inverse maintenant, raillait Swann et se chargeait d'amour pour un autre, — de cette inclinaison de sa tête mais renversée vers d'autres lèvres et, données à un autre, de toutes les marques de tendresse qu'elle avait eues pour lui.
PROUST, Swann, 1913, p. 276.
SYNT. Jalousie féroce, inavouée; jalousie de femme, de mari; accès de, amour et, cause de, colère et, démon de la, fureurs de, scènes de, tourments de jalousie; drame de la jalousie; dévoré de jalousie.
C. — Peine et irritation éprouvées par le désir de possession de biens (matériels ou immatériels) que d'autres détiennent; désir pour soi, du bien ou du bonheur d'autrui. Synon. envie (v. ce mot B). Lisbeth Fischer (...) était loin d'être belle comme sa cousine; aussi avait-elle été prodigieusement jalouse d'Adeline. La jalousie formait la base de ce caractère plein d'excentricités (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 28). Il est beau, intelligent, génial... Quand Morot verra ses derniers tableaux! Ils vont tous crever de jalousie... (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 171). Ce fut vraiment ce que les éditeurs d'aujourd'hui, dans leur patois, appelleraient un grand lancement, à faire pâlir de jalousie tous les confrères de Jean-Jacques (GUÉHENNO, Jean-Jacques, 1952, p. 66) :
5. Partout où on laissait les juifs exercer librement leurs talents naturels, une réussite trop fréquente excitait les jalousies et venait exaspérer les rancunes qu'on avait cru éteindre par des mesures libérales.
THARAUD, An prochain, 1924, p. 90.
Faire jalousie à qqn (vx). Inspirer de la jalousie à quelqu'un. (Ds LITTRÉ et ROB.).
Jalousie de métier. Rivalité entre personnes dans l'exercice d'une profession. Il [le président] se plaignait de sa cour. Les jurés, suivant lui, étaient détestables, le jury était une institution anglaise dont il était important de se délivrer au plus vite. « Ceci est jalousie de métier, » pensa Leuwen (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1836, p. 145).
En partic.
Sentiment de crainte d'avoir à perdre ou à partager avec autrui un avantage dont on aimerait garder la propriété exclusive. La ville qu'il avait conquise de haute lutte sur les Turcs, dont il avait subtilement éliminé les Grecs et qu'il avait dû, pour finir, disputer à la jalousie du comte de Toulouse (GROUSSET, Croisades, 1939, p. 51).
ART MILIT., vx. Inquiétude que donne un État par sa force, sa puissance; en partic., inquiétude que donne un ennemi en menaçant certains points. (Dict. XIXe s.).
SYNT. Jalousie secrète, basse jalousie, mesquines jalousies; jalousies et haines, envie et jalousie; exciter la jalousie.
REM. 1. Jalouseté, subst. fém., région. et pop. Synon. Jacqueline : Allez-vous-en si vous continuez ainsi! — C'est ma jalouseté, dit-il avec une confusion qu'il exagérait (LA VARENDE, Homme aux gants, 1943, p. 312). 2. Jalousite, subst. fém., hapax. Attaques de jalousite aiguë, coup sur coup, soupçons, scènes, etc. (BOURGET, Physiol. amour mod., 1890, p. 162).
Prononc. et Orth. : []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1181-91 jalosie « sentiment d'inquiétude que l'on éprouve à l'égard de la fidélité de la personne aimée » (CHRÉTIEN DE TROYES, Perceval, éd. F. Lecoy, 813); 2. mil. XIIIe s. gelosie « attachement farouche à un bien, à un avantage » (Macchabées, éd. E. Goerlich, 2, 26); 3. 1501 jalousie « envie, dépit que l'on éprouve à l'égard de ce qu'un autre obtient ou possède » (Chastel de joyeuse destinee ds Jardin de plaisance, XLV). Dér. de jaloux, -ouse; suff. -ie. Bbg. HOPE 1971, p. 149, 203. - VIDOS 1939, p. 26, 48, 80, 454, 455, 480.
II.
⇒JALOUSIE2, subst. fém.
Treillis de fer ou de bois permettant de voir sans être vu. P. anal. Contrevent formé de minces lattes parallèles et mobiles dont on peut faire varier l'inclinaison. Une double persienne et une jalousie les défendaient de la chaleur dévorante du ciel des tropiques (SUE, Atar-Gull, 1831, p. 28). Ces jalousies fermées sont trop sombres; qu'on laisse entrer le jour sans laisser entrer le soleil (MUSSET, Caprices Mar., 1834, I, 2, p. 137). Par les jalousies baissées il venait assez de lumière pour accuser le désordre du matin dans la pièce (ARAGON, Beaux quart., 1936, p. 119).
Prononc. et Orth. : []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1549 « treillis de bois ou de fer forgé derrière lequel on peut voir sans être vu » (EST.); 2. 1757 « volet mobile formé de lattes parallèles » (Annonces, affiches et avis divers, 24 août, n° 34, p. 135 ds HAVARD). Empr. à l'ital. gelosia, attesté au sens 1 dep. le XVe s. (av. 1494, G. BARBARO ds BATT.), ext. du sens « état de celui qui éprouve de la jalousie » (dér. de geloso, v. jaloux) : ce mot utilisé en ital. d'abord à propos de l'Orient (v. texte cité ds BATT.) désignait un treillis destiné à dissimuler les femmes aux regards. Fréq. abs. littér. : 2 466. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 4 166, b) 3 135; XXe s. : a) 3 237, b) 3 305. Bbg. TRACC. 1907, p. 151.

1. jalousie [ʒaluzi] n. f.
ÉTYM. V. 1170, au sens I, 3; de jaloux, et suff. -ie, le sens II de l'ital. gelosia, même sens.
———
I
1 (XIIIe). Attachement vif et ombrageux. Soin.
1 Nos muses à leur tour, de même ardeur saisies,
Vont redoubler pour toi leurs nobles jalousies (…)
Corneille, Poésies diverses, XII.
2 (1501). Mod. Sentiment hostile né de l'envie que provoque le spectacle du bonheur, des avantages d'autrui; inquiétude qu'inspire la crainte de partager un avantage ou de le perdre au profit d'autrui. Dépit, envie (cit. 3). → Déclencher, cit. 2; élever, cit. 40; encyclopédie, cit. 3; gâteau, cit. 4; incivilité, cit. 2. || La jalousie de qqn, sa jalousie à l'égard de qqn. Absolt. || La jalousie est « comme un aveu contraint du mérite qui est hors d'elle » (La Bruyère; → Émulation, cit. 1).Concevoir, éprouver, avoir de la jalousie pour… (→ Prendre ombrage de…).Jalousie professionnelle (→ Infime, cit. 1), sociale (→ Habilement, cit. 4). || Jalousie réciproque entre concurrents, rivaux… || Jalousie entre deux communautés, deux villages (→ Rivalité de clocher). || Être dévoré de jalousie, crever de jalousie.Basse (1. Bas, cit. 33), noire jalousie (→ Calomniateur, cit. 4). || Jalousie impuissante (cit. 16), stérile, secrète (→ Exciter, cit. 11). || Mesquines, petites jalousies (→ Bassement, cit. 1). || Pointe de jalousie. || Noble jalousie. Émulation.Vx. || Une haute (cit. 59, 60) jalousie.Exciter (cit. 6) la jalousie de qqn (→ Écorce, cit. 5).Se brouiller (cit. 23) par jalousie. || Craindre la jalousie de qqn (→ Hôtel, cit. 14).
2 (La jalousie est) une passion stérile qui laisse l'homme dans l'état où elle le trouve (…) qui le rend froid et sec sur les actions ou sur les ouvrages d'autrui, qui fait qu'il s'étonne de voir dans le monde d'autres talents que les siens (…) vice honteux, et qui par son excès rentre toujours dans la vanité et dans la présomption (…)
Toute jalousie n'est point exempte de quelque sorte d'envie, et souvent même ces deux passions se confondent.
La Bruyère, les Caractères, XI, 85.
3 La jalousie des personnes supérieures devient émulation, elle engendre de grandes choses; celle des petits esprits devient de la haine.
Balzac, le Contrat de mariage, Pl., t. III, p. 103.
4 Gianni, qui cachait une nature aimante sous de froids dehors, souffrait de cet inégal partage d'affection, mais sans que cette prédilection pour Nello lui donnât aucune jalousie contre son jeune frère.
Ed. de Goncourt, les Frères Zemganno, VIII.
5 (…) jalousie (maladie endémique du monde littéraire)…
A. Thibaudet, Flaubert, p. 66.
6 La méchanceté humaine, qui est grande, se compose, pour une large part, de jalousie et de crainte. Le malheur la désarme (…)
A. Maurois, le Cercle de famille, III, XIII.
Loc. Vx. Faire jalousie à qqn (→ Ineptie, cit. 3), lui inspirer de la jalousie.
3 (Premier sens attesté). Sentiment douloureux que font naître, chez la personne qui l'éprouve, les exigences d'un amour inquiet, le désir de possession exclusive de la personne aimée, la crainte, le soupçon ou la certitude de son infidélité. || Les chagrins, les douleurs, les peines, les tortures, les fureurs de la jalousie (→ Aigu, cit. 11; aviver, cit. 10). || Triste, amère (cit. 3) jalousie. || Accès, crise de jalousie (→ Gin, cit. 1). || Jalousie cachée, dissimulée (cit. 17), inavouée (cit. 2). || Jalousie découverte (→ Défiance, cit. 7). || Furieuse jalousie. || Jalousie mortelle. || Il est malade de jalousie, il est d'une jalousie folle, féroce. || Sa maîtresse était d'une si atroce jalousie… (→ ci-dessous, cit. 21). || Les curiosités (cit. 17), les doutes (cit. 20), les craintes, les inquiétudes, les soupçons que la jalousie excite, qui nourrissent la jalousie. || Causer (cit. 1), donner de la jalousie à qqn. || Jalousie causée par l'amour-propre (cit. 8), par l'orgueil blessé. || Jalousie qui fait naître, fait croître (cit. 12) un amour (→ Aigrir, cit. 14; émotion, cit. 7). || La jalousie finit sitôt qu'on passe du doute à la certitude (cit. 6). || Jalousie qui survit à l'amour (→ Éteindre, cit. 4). || Exciter (cit. 9), endormir, égarer la jalousie de qqn (→ Baguette, cit. 5, Beaumarchais; favoriser, cit. 11). || L'apaisement (cit. 2) de la jalousie. || Jalousie d'un amant, d'un mari (→ Cervelle, cit. 2). || La jalousie le possède, le tourmente. || Être torturé, fou de jalousie. || Elle le fait mourir de jalousie.La Jalousie du Barbouillé, farce de Molière.
7 (…) la plus vaine et tempêtueuse maladie qui afflige les âmes humaines, qui est la jalousie.
Montaigne, Essais, III, V (→ aussi Aliment, cit. 4).
8 Les maux les plus cruels ne sont que des chansons
Près de ceux qu'aux maris cause la jalousie.
La Fontaine, la Coupe enchantée.
9 La jalousie est, en quelque manière, juste et raisonnable, puisqu'elle ne tend qu'à conserver un bien qui nous appartient ou que nous croyons nous appartenir (…)
La Rochefoucauld, Réflexions et Maximes, 28.
10 Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'amour.
La Rochefoucauld, Réflexions et Maximes, 324.
11 Il y a une certaine sorte d'amour dont l'excès empêche la jalousie.
La Rochefoucauld, Réflexions et Maximes, 336.
12 La jalousie naît toujours avec l'amour, mais elle ne meurt pas toujours avec lui.
La Rochefoucauld, Réflexions et Maximes, 361.
13 (…) il n'y a que les personnes qui évitent de donner de la jalousie qui soient dignes qu'on en ait pour elles.
La Rochefoucauld, Réflexions et Maximes, 359.
14 On tire ce bien de la perfidie des femmes, qu'elle guérit de la jalousie.
La Bruyère, les Caractères, III, 25.
15 Le tempérament a beaucoup de part à la jalousie, et elle ne suppose pas toujours une grande passion.
La Bruyère, les Caractères, IV, 29.
16 La sombre Jalousie, au teint pâle et livide,
Suit d'un pied chancelant le Soupçon qui la guide (…)
Voltaire, Henriade, IX.
17 Parmi nous (…) la jalousie a son motif dans les passions sociales plus que dans l'instinct primitif. Dans la plupart des liaisons de galanterie, l'amant hait bien plus ses rivaux qu'il n'aime sa maîtresse (…)
Rousseau, Émile, V.
18 (…) la jalousie mortelle qui me déchirait le cœur (…)
Abbé Prévost, Manon Lescaut, II, p. 151.
19 (…) la jalousie (…) n'est qu'un sot enfant de l'orgueil, ou c'est la maladie d'un fou.
Beaumarchais, le Mariage de Figaro, IV, 13.
20 Les femmes fières dissimulent leur jalousie par orgueil.
Stendhal, De l'amour, XXXVII.
21 Il songea involontairement à sa première maîtresse, qu'il avait surnommée Mignonne par antiphrase, parce qu'elle était d'une si atroce jalousie, que pendant tout le temps que dura leur passion, il eut à craindre le couteau dont elle l'avait toujours menacé.
Balzac, Une passion dans le désert, Pl., t. VII, p. 1080.
22 L'horrible jalousie rétrospective, la pire de toutes, parce qu'elle se prend à tout sans pouvoir s'assurer de rien, rongea le cœur et brisa le cerveau du malheureux artiste.
G. Sand, Elle et Lui, XII.
23 Il en était fier, par conséquent jaloux. Il n'y a pas que l'amour seul qui donne de la jalousie; une faveur, un mot bienveillant, un sourire d'une belle bouche, peuvent l'inspirer jusqu'à la rage à certaines gens.
A. de Musset, la Confession d'un enfant du siècle, IV, I.
24 Considérez que cette fière jalousie, que les hommes apportent dans l'union des sexes, est un sentiment sauvage, fondé sur l'illusion la plus ridicule. Il repose sur l'idée qu'on a une femme à soi quand elle s'est donnée, ce qui est un pur jeu de mots.
France, la Rôtisserie de la reine Pédauque, Œuvres, t. VIII, p. 191.
24.1 Ah ! cette irritation rongeuse qu'il venait de reconnaître, il l'avait éprouvée bien souvent encore par toutes les petites meurtrissures inavouables qui semblent faire des bleus incessants aux cœurs amoureux. Il se rappelait toutes les impressions pénibles de menue jalousie tombant sur lui, à petits coups, le long des jours.
Maupassant, Fort comme la mort, p. 313.
25 La jalousie n'est souvent qu'un inquiet besoin de tyrannie appliqué aux choses de l'amour.
Proust, À la recherche du temps perdu, t. IX, p. 111 (→ aussi Exorciser, cit. 3).
26 L'amour, sans la jalousie, n'est pas l'amour.
Paul Léautaud, Propos d'un jour, p. 33.
27 La jalousie fut chez moi un mal soudain et terrible. Si, apaisé, je cherche aujourd'hui à en retrouver les causes, il me semble qu'elles étaient très diverses. Il y avait d'abord un grand amour et le désir naturel de conserver en moi les moindres parcelles de ces matières précieuses qu'étaient le temps d'Odile, ses paroles, ses sourires, ses regards (…) Je voulais régner sur l'esprit d'Odile (…)
A. Maurois, Climats, I, VIII.
28 La jalousie naît de l'insoutenable vision du plaisir qu'une créature aimée reçoit d'une autre et lui prodigue.
F. Mauriac, la Pharisienne, V.
28.1 La jalousie est une équation à trois termes permutables (indécidables) : on est toujours jaloux de deux personnes à la fois : je suis jaloux de qui j'aime et de qui l'aime.
R. Barthes, Fragments d'un discours amoureux, p. 80.
Par ext. || Jalousie fraternelle (cit. 2), maternelle.
———
II (1549, Estienne; ital. gelosia « jalousie », de geloso « jaloux »).
1 Vx. Treillis de bois ou de métal au travers duquel on peut voir sans être vu.
2 (1757). Volet mobile composé de lames verticales, articulées de manière à être orientables. Contrevent, persienne (cit. 1), store. || Baisser, lever une jalousie (→ Coller, cit. 4; éloigner, cit. 24). || Fenêtres munies de jalousies. || Jalousies formées de lattes de bois parallèles.
29 (…) un amant ne s'expliquait pas autrement sous les fenêtres de sa maîtresse, qui ouvrait en ce moment-là ces petites grilles de bois nommées jalousies, tenant lieu de vitres, pour lui répondre dans la même langue.
Voltaire, Essai sur les mœurs, CLXXVII.
29.1 Une grande clarté, qu'ils virent tout à coup du côté du jardin, au travers des jalousies, les obligea de s'en approcher, pour voir d'où elle venait.
A. Galland, les Mille et Une Nuits, t. II, p. 19.
30 Par les jalousies baissées il venait assez de lumière pour accuser le désordre du matin dans la pièce.
Aragon, les Beaux Quartiers, I, XXI.
La Jalousie, roman de Robbe-Grillet (le titre joue sur les sens I, 2, et II).
CONTR. Débonnaireté, indifférence.
————————
2. jalousie [ʒaluzi] n. f.
ÉTYM. 1542; altér. d'après 1. jalousie, de gelesie, XVe; lat. médiéval gelesia ou gelasia; probablt du gaul. gelisia.
1 Vx. Amarante.
2 Mod. Œillet de poète (Dianthus barbatus).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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